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Présentation Powerpoint : point trop n’en faut…

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Vous l’avez sans doute vécu. C’est le rite managérial à la mode que celui de la présentation PowerPoint. Vous savez, cette longue litanie digne d’une inauguration de sous-préfecture. Les intervenants sont généralement de dos car ils passent leur temps à parler à l’écran. Ils ânonnent des slogans sans y croire. Souvent, ils cherchent désespérément des synonymes de « vision stratégique » car, hélas, sur le fond vert pâle figure déjà, sur la même page, en caractères quasi-microscopiques, quatre fois le mot « stratégique ». Soyez honnêtes : vous avez satisfait, une fois au moins, à ce roboratif cérémonial. Posez-vous maintenant la question équivalente au montant de votre prochain contrat : quel rôle doit-on réellement accorder aux présentations PowerPoint ?

Première réponse (la mauvaise) : « ce support est génial et je vais en mettre plein la vue ! » La technologie, ça vous connaît. La rédaction aussi. L’affaire est entendue :  relisez Proust et concoctez-nous de belles phrases avec sujet, verbe, adverbe et conjonction de coordination. Truffez vos 7 paragraphes (par slide) d’une animation à faire pâlir « Johnny To » en faisant jaillir une photo de votre produit d’une spirale tournoyante qui s’ouvre avec effet « volets coulissants » et qui éclate en une pluie d’étoiles filantes. Ça va péter. Utilisez la technique dans toutes ses ressources, enregistrez votre voix dans l’ordinateur, sous la forme d’une lecture mot à mot, bien synchronisée avec l’apparition de votre jolie prose fuchsia sur fond bigarré. Éteignez la lumière, lancez votre PPS et, disparaissez.

Disparaissez… car vous venez de perdre vos clients, prospects, partenaires ou collaborateurs. C’est selon.

- Deuxième réponse (la bonne) : Si, au contraire, vous partagez l’analyse selon laquelle un slide doit contenir, pour être pleinement efficace, tout au plus 8 mots pour un thème et une seule illustration. Que leur fonction est de susciter la curiosité d’un public qui soit suspendu à votre voix, alors vous avez une chance. Une forte chance d’entrer dans le club des gens que l’on a envie d’inviter à nouveau en réunion. Que l’on brûle de présenter à son big boss.

Il est grand temps d’oublier les interventions ronflantes précédées d’excuses « c’est-un-document-pas lisible-mais-je-vous-le-présente-quand-même-car-il-vous-donnera-une-idée-précise-de….. »

Les slides sont tout sauf les antisèches d’un orateur. La conviction c’est vous qui la donnez pas les slides….Appelez-les comme vous voulez : Teasing, rappels, accroches, base-line. Souvenez-vous qu’elles sont juste un moyen de compléter vos propos et ceci d’une voix que l’on saura varier moduler, scander, arrêter, relancer…..

De voix, il est en largement question dans la lettre du Media Acting© de juin, car si elle demeure notre atout majeur, encore faut-il savoir l’exploiter avec intelligence et discernement.

Philippe Leclerc