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Tous candidats, même moi ?

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En cette période d’élection, les communicants en tout genre fleurissent, avec leurs lots de critiques : « encore une opération de com’ ! » « A force de vouloir contrôler leur image, ils disent tous la même chose, ils ne sont plus du tout naturels ! »

On oppose ainsi régulièrement la communication à l’information, l’artifice au naturel, en pensant que les politiciens sont devenus les spécialistes de la rhétorique vide et de contrôle maniaque de l’image. C’est peut-être oublier un peu vite que nous sommes les premiers à contrôler notre image, de manière presque naturelle, et ce dans toutes les situations de la vie quotidienne.

Dégraissons nos coms !

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C’est la rentrée, et avec elle le retour des présentations Powerpoint indigestes, des centaines de mails reçus en 15 jours d’absence, des synthèses à n’en plus finir…

Laurent Philibert, Directeur Pédagogique de Personnalité, revient sur cette sale manie du « toujours plus » : envois multiples, copies carbones, mails de confirmation, autant de petits détails qui finissent par nous envahir de messages plus ou moins pertinents.

Pour lutter contre ce que Caroline Sauvajol – Rialland appelle l’ « infobésité », prenons donc de bonnes résolutions pour cette rentrée. Dégraissons nos coms, pour des messages plus percutants et efficaces

Pourquoi moi ?

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Que se passe t-il quand vous êtes nommé du jour au lendemain leader d’une équipe ? Comment développer votre charisme, bâtir une légitimité durable, assumer la tâche qui vous a été confiée ?

Pas de panique ! Laurent Philibert, directeur pédagogique et formateur chez Personnalité,  revisite la sociologie de Max Weber à travers le célèbre jeu Koh – Lanta pour mettre en exergue l’un des  trois  piliers de la légitimité : la légitimité charismatique, qui se travaille et fera la différence pour faire passer votre message et fédérer vos équipes autour d’un objectif commun ! Que ce soit obtenir le totem d’invincibilité ou atteindre vos objectifs de l’année…

Laurent Philibert

La grenouille ébouillantée ou de la force des signaux faibles

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Plongez une grenouille dans l’eau bouillante. Elle trouve la force de sauter. Plongez-la dans l’eau froide. Chauffez lentement. Le batracien demeure immobile et meurt ébouillanté. Si l’expérience figure dans les ouvrages de management – inutile de la vérifier ! – c’est que nombre d’entreprises sont comme ces grenouilles qui ne peuvent détecter la lente évolution de leur environnement.

La mésaventure de notre habitant des nymphéas est vérifiée chaque jour par d’innombrables entreprises. Avec des déconvenues célèbres. Comme celle qui a accompagné l’arrivée du numérique, en 1981. Lorsque Sony sort son premier appareil, ni Kodak ni par Polaroïd ne réagissent, ce dernier se croyait protégé par son brevet. Moralité : en 2005, Polaroïd dépose son bilan. Les repreneurs espèrent lancer, courant 2009, le premier appareil photo numérique à développement instantané. Un quart de siècle de perdu faute d’avoir assuré une veille digne de ce nom.  Quant à Kodak, il ne prendra le virage numérique qu’en 2003, au prix de milliers d’emplois détruits.

Que dire maintenant de cette entreprise dont la désorganisation était telle qu’elle n’exploitait même pas les réclamations de ses clients. Des centaines de signaux faibles  non intégrés par la direction du produit. Le concurrent s’en frotte encore les mains.

Il me dit OUI, mais fait NON de la tête…

Quid de la communication ? Chacun d’entre nous, dans ses rapports avec les autres, expérimente la dégradation progressive du dialogue interne faute de savoir capter ces signaux faibles. Car dans la communication entre les individus, se contenter de l’apparence de la réalité est en fait… un déni de réalité. Pire : une faute de management. Bigre. Pourtant, sans être un pro de la PNL (Programmation neuro-linguistique), écouter avec les yeux n’est pas si complexe. Un cadre formé à cette analyse empathique apprend facilement à capter tous ces signaux faibles. Dès lors qu’il parvient à décoder la parole par le geste et la posture, le voilà doté d’un sixième sens. La vraie nature des réactions s’éclaire : « Il a dit oui à ma proposition de reconduite du contrat, mais il fait non de la tête ». « Au moment où je lui demandais son avis sur cette modification, il a reculé et nettoyé les miettes sur la nappe…. tout en me disant qu’il était plutôt d’accord. Voilà qui mérite un dialogue supplémentaire et une validation des engagements pris.

Tenir compte de ces informations non-verbales enrichit les situations. Leur donne plus de profondeur, les nourrit de complexité. Incite à relancer par une question ouverte. À lever une objection restée dans le non-dit. À faire valider explicitement tel ou tel point. Pour ne pas finir comme  la grenouille ébouillantée, il faut donc savoir capter les signaux faibles, les analyser et les utiliser. Comme Franck Riboud (Danone) qui, dans une interview parue dans les Echos, fin mars 2009, déclare « faire l’éponge pour mieux capter les signaux susceptibles d’influencer son activité ».

Philippe Leclerc