La génération Y – natifs des années 80 ou 90 – a développé, notamment grâce aux NTIC un certain nombre de spécificités par rapport à la génération X .

1/ Une utilisation massive des outils numériques

La génération Y utilise massivement les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Pour cette génération de la révolution digitale, Internet et notamment les médias sociaux sont devenus un loisir à part entière et une source d’information centrale, qui a trouvé toute sa place dans leur quotidien. On ne parle plus d’émancipation dans l’usage qui est fait de ses outils numériques, mais surtout d’addiction. L’«hyper-connectivité » rend cette génération plus agile intellectuellement, mais moins empathique, car elle reconfigure les réseaux des neurones, réduisant ainsi leur aptitude à développer des compétences en communication interpersonnelle [1].

2/ Une plus grande recherche de sens au travail 

Ceux qui appartiennent à cette génération recherchent d’avantage de sens et de plaisir au travail. Ils ont un besoin d’accomplissement important [2], dû en partie à leur niveau de formation, souvent plus élevé que celui de leurs prédécesseurs. Ils ont, par ailleurs, un besoin d’autonomie et d’affirmation plus important et une grande capacité à travailler en mode multitâches !

3/ Une frontière plus floue entre vie privée et vie  professionnelle

La génération Y a du mal à séparer temps de travail et temps de loisir. On accorde une forte importance aux contacts (amis, famille, …) et au divertissement. Certaines entreprises considèrent l’utilisation massive du web social par cette génération, qui pianote sur son smartphone ou sa tablette pendant les heures de travail, comme un manque de professionnalisme et un risque s’agissant de la confidentialité de certaines informations qui peuvent être véhiculées sur le web [3].

4/ Un faible esprit d’analyse 

La génération Y privilégie  l’action et l’immédiateté, consacrant  peu de temps à l’analyse : elle se noie ou s’éparpille dans un « océan d’information », ce qui réduit ses  capacités de filtrage et de mémorisation. L’ « hyper-connectivité » réduit, ainsi, fortement le temps de l’introspection, de la prise de recul, de la réflexion autonome  et, par conséquent, le temps nécessaire aux réflexions de fond.

Mais bien que ces caractéristiques  représentent les traits de certaines personnes issues de la génération Y, c’est surtout le contexte dans lequel cette génération a grandi (économique, technologique, géopolitique,  historique…) qui détermine en grande partie sa culture. Il ne faut, ainsi, surtout pas croire que toute personne née après 1980 (partout dans le monde) serait technophile, hyper-connectée,  rebelle,  etc…

Références bibliographiques :

[1] John K. Mullen (2011) : « The Impact of Computer Use on Employee Performance in High-Trust Professions: Re-Examining Selection Criteria in the Internet Age», Journal of Applied Social Psychology, Volume 41, Issue 8, pages 2009–2043. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1559-1816.2011.00790.x/abstract

[2] François Pichault et Mathieu Pleyers (2012) : « Pour en finir avec la génération Y … Enquête sur une représentation managériale », Gérer et Comprendre, http://www.annales.org/edit/gc/2012/gc108/PICHAULT-PLEYERS.pdf

[3] Benoît Meyronin (2015) : « La génération Y, le manager et l’entreprise »Presses Universitaires Grenoble.

Par Wassim Mimeche