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La « voix » du leadership

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Selon une étude, à l’instar du regard, des gestes et de la posture, la voix constitue un atout considérable pour gagner en charisme et en leadership.

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Depuis longtemps, comédiens, chanteurs, hommes politiques et plus récemment dirigeants d’entreprises ont recours à des coachs vocaux pour améliorer les paramètres acoustiques de leur voix et lui conférer ainsi plus d’autorité et de force de séduction. La voix de l’orateur envoie des informations à son interlocuteur sur son état émotionnel, ses intentions, son milieu culturel ou son degré de confiance.

On ne naît pas tous avec les mêmes composantes vocales. Les femmes et les hommes, par exemple, n’ont pas les mêmes capacités pulmonaires, la même longueur de cordes vocales, la même tonalité ou tessiture de voix… Certains leaders souffrent même du manque de cohérence entre leur voix et leur fonction (surtout en état de stress). Leur identité vocale ne reflète pas parfaitement ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Nombreuses sont les femmes à considérer que leur voix est une faiblesse dans les lieux de pouvoir encore majoritairement masculins.

La voix comme source de leadership

Les études menées par Rosario Signorello (chercheur en linguistique et en psychologie à l’Université de Californie) présentées lors du congrès de la société américaine d’acoustique qui s’est tenu fin octobre 2014 à Indianapolis, dans l’État de l’Indiana, montrent que les leaders utilisent leur voix pour être reconnus comme dominants dans un groupe, en adoptant deux types de voix : l’une est biologique (primaire) et l’autre est acquise (dépendante de la langue et de la culture).

Parallèlement, Signorello analyse dans ses travaux le lien existant entre la voix et la perception psychologique du degré de charisme chez la personne. Ainsi, explique-t-il, plus la voix est basse, ce qui correspond à une voix grave, plus l’individu est perçu comme dominant. À l’inverse, plus elle est élevée (voix aiguë), plus il est perçu comme davantage soumis.

Adapter sa voix à son public et à son message

Il n’y a pas une façon de communiquer universelle et « Il n’y a pas de voix charismatique universelle », affirme Rosario Signorello. Par exemple, dans certains pays ou dans certaines cultures, on est plus attiré par une voix grave, dans d’autres, par une voix de hauteur moyenne, dans d’autres encore par une voix plus calme, plus apaisée. Le leader se doit ainsi d’adapter sa voix au message, au public et au contexte. On ne s’adresse pas avec les mêmes codes vocaux à une foule ou à d’autres leaders.

Au final, si la voix est un élément parmi d’autres en matière de charisme et de leadership, et si d’autres paramètres sont à prendre en considération, relevant souvent du « body language » – le regard, la posture, les gestes – il n’en reste pas moins vrai que la voix et son utilisation (variation prosodique, scansion, gestion du silence) constituent l’atout majeur dans le jeu du communicant

Article de Vincent Soulier (Dirigeant de Personnalité) sur LesEchos :  http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-119154-la-voix-du-leadership-1068430.php?HhKIYXEeillDd0Zc.99