Intéressante étude que celle publiée par le sociologue Philippe d’Iribarne, intitulée « L’Epreuve des différences », pour le compte du cimentier Lafarge. À partir d’enquêtes qualitatives, Philippe d’Iribarne décrit la manière dont une entreprise mondiale affronte la pluralité des cultures. Objectif : comprendre les valeurs partagées, en particulier dans une entreprise connue pour sa charte, véritable bible du management.Très proche du terrain, les enquêtes révèlent les facteurs d’efficacité économique en même temps que de progrès humain. L’étude permet d’en savoir plus sur la mentalité managériale française, confrontée à la notion de la « relation client ».

Là où les Anglo-saxons parleront de « fournir » ou de « vendre » un produit, les Français diront « offrir » ou « proposer ». Cette impossibilité d’assumer le caractère mercantile des échanges met fréquemment les Français en porte-à-faux par rapport aux Américains, pour qui la relation commerciale et le client apparaissent, a contrario, comme le moteur des échanges. En France, pas question d’apparaître « à la botte » ou « à la remorque » des clients. Cette difficulté d’accepter avec assertivité la réalité des échanges entraîne d’autres difficultés d’ordre comportemental. L’étude de conclure : « Les Français se distinguent nettement par le scepticisme dont ils font preuve à l’égard de toute démarche par laquelle une entreprise cherche à transmettre ses valeurs ». Un constat qui relance, une fois de plus, l’opportunité d’accompagner le changement dans l’entreprise par un programme de formation adapté.

L’Épreuve des différences. L’expérience d’une entreprise mondiale.

Seuil / collection La couleur des idées, octobre 2009.

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