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Le coaching vocal en pratique

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Blog qui peut ! La péroraison du manager

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Vous êtes atteint du « syndrôme de la péroraison du manager »? Vos collaborateurs s’assoupissent tandis que vous dégoisez ? Comment sortir de la baragouinite aigüe en trois minutes.

Par Laurent Loiseau

Sommaire de la Lettre

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Le coaching vocal en pratique

Travailler sur sa voix n’est pas anodin. La plupart d’entre nous appréhendent ce moment où l’on pénètre une certaine intimité. Ricardo de Aliaga, chanteur classique, brosse les enjeux du coaching et nous initie à notre première leçon de placement vocal.

Trois questions à Ricardo de Aliaga

1) Quelles sont les principales difficultés que rencontrent les managers que vous accompagnez ?

Retrouver le naturel d’une voix que l’on a perdu, soit parce qu’on a usé sa voix à mauvais escient, soit parce que l’on ne sait plus respirer, soit enfin en raison d’un choc. L’autre difficulté est la composante psychologique : Travailler sur la séduction de sa voix, véhicule des émotions, c’est s’aventurer dans un domaine que certains jugent intime.

2) Qu’est ce qui peut être amélioré facilement ?

Tout. Mais le plus important, c’est de trouver son registre vocal, la tonalité juste. Dans le chant, le placement se travaille très bien. C’est plus complexe pour la voix parlée. Certaines voix d’hommes sont trop haut perché, certaines voix de femmes trop basses. L’articulation, la diction peuvent aussi être améliorées. Ainsi que la rythmique de l’élocution. C’est essentiel pour apprendre à incarner son discours.

3) Choisissez-vous des techniques de coaching différentes en fonction de l’objectif souhaité ?

Bien sûr ! Sauf pour la respiration dont les techniques sont éprouvées. Sinon, les exercices qui permettent de placer et de projeter sa voix sont adaptés à chaque individu, après un long dialogue avec la personne coachée. C’est à eux de prendre conscience de ce qui les désavantage.

Ecoutez l’exercice proposé par Ricardo de Aliaga :

Le coaching vocal en pratique by personnalité

Trouver sa « voix », l’enjeu du coaching vocal

« Face à un public, votre pire ennemi, c’est vous-même ». La vérité peut sembler première. Elle a le mérite de souligner une spécificité française : notre difficulté à nous exprimer en public. Media Acting© revient sur une composante essentielle de la personnalité de l’orateur : sa voix. Pour prendre la mesure de l’importance de la voix dans un échange, il faut savoir que l’on retient toujours mieux les intonations d’une parole que la signification. Les études comportementales nous apprennent que la partie « voix » d’un propos est un élément incontournable du message lui-même.

Les spécialistes ont même réussi à chiffrer tout cela : on l’appelle la règle des 55-38-7 ou règle des « trois V » (verbal – vocal – visuel). Son inventeur, Albert Mehrabian, professeur au département de psychologie de UCLA, a pu prouvé que 7 % seulement du capital-sympathie qui émane d’un orateur proviennent de ses paroles, même si la teneur des propos est positive. La gestuelle et le non-verbal impactent pour 55 % l’auditoire. Quant à la voix de l’orateur et sa variation prosodique, elle compte pour 38% dans ce feed-back positif. Conclusion : la satisfaction de votre auditoire doit donc beaucoup plus aux modulations de votre voix qu’au contenu de votre discours. Étonnant, non ?

Stars et hommes politiques, bêtes de scène super-entraînés

Outre les chanteurs, les hommes politiques ont été les premiers à prendre conscience de la nécessité d’ajuster leur vibrato au millimètre. Barack Obama et Nicolas Sarkozy, malgré leur aisance naturelle devant un auditoire, savent que leur prestation est disséquée en « live », pour évaluer la proximité de leur discours avec l’audience télévisée. Le placement vocal, les scansions qui rythment leurs speechs, les gestes qui les accompagnent sont travaillés avec soin avant les grandes messes du 20h. Idem pour les CEO des groupes internationaux, qui pratiquent les exercices de relaxation ou de respiration avant de se lancer dans la « keynote » stratégique qui influera ipso facto sur les cours de bourse. D’une manière générale, dans les métiers d’encadrement qui mettent en jeu la voix comme l’outil principal de conviction, le coaching vocal apparaît aujourd’hui comme une composante du succès : motivation des équipes, fixation des objectifs, renforcement du leadership du dirigeant.

« Et si on est nul à l’oral ? »

« Ma voix ne sera jamais mon truc pour convaincre. Alors, à quoi bon travailler sur ma voix ? » Ce constat fataliste, entendu au début de chaque formation avant d’être rapidement démonté, a toujours le mérite de poser clairement le problème : que faire lorsqu’on est affublé d’une voix défaillante ou faussée ? Peut-on vraiment récupérer un défaut de langage ? A cette épineuse question, les coachs apportent toujours une réponse claire que les managers découvrent au fur et à mesure de leur accompagnement : « Face à une personne qui n’est pas à l’aise à l’oral, le coach doit effectuer un indispensable diagnostic, explique Isabelle Benech, responsable pédagogique de Personnalité. Il doit s’attacher à détecter le terrain sur lequel on travaillera l’expression. » Autrement dit, pas question de transformer un souffle fluet en voix de stentor. Ni d’ôter un cheveu sur la langue. Encore moins de raboter un accent. Un accompagnement sur la voix est une démarche qui permet d’accepter ses éventuels défauts pour les intégrer dans sa manière de s’exprimer. C’est pourquoi le travail sur sa voix dépasse toujours l’exercice de vocalisation pour entrer dans le champ du développement personnel. Grâce au coaching vocal, les personnes timides, s’exprimant difficilement, peuvent apprendre à développer une approche comportementale de la prise de parole centrée sur la régulation des énergies et la confiance en soi. En travaillant sur la colonne d’air, la respiration, la scansion, on arrive à faire évoluer l’état d’esprit d’une personne introvertie, qui, du coup, sera bien armée lors d’une prochaine prise de parole.

Faire d’un défaut un atout à l’oral

L’art du coach est donc de s’appuyez sur la particularité de votre voix : un accent, une intonation particulière, voire un réel défaut. N’oubliez pas que Louis Jouvet était bègue, tout comme l’est François Bayrou. Force est de constater que le premier a su, contrairement au second, apprendre à travailler une scansion bien particulière qui a rendu l’intonation de sa voix inimitable. Le coach s’adapte donc au profil en proposant des outils personnalisés : la voix est-elle le reflet d’un stress apparent ? Le travail se focalisera sur les émotions comme la colère ou l’enthousiasme. La maîtrise de la respiration et un travail de relaxation permettront de canaliser l’air et ainsi de mieux gérer la partie affective de la pensée. D’autres, dont la voix exprime une hésitation et une difficulté d’organiser sa pensée, s’exerceront à positionner leur voix, à travers des exercices d’articulation, de rythmique et de scansion, afin de parvenir à un discours fluide, capable de séduire un auditoire. Finalement, le coach ne fait qu’ouvrir la voix…

Trois conseils pour mieux utiliser sa voix

  1. Parler plus fort.
  2. Pour éviter les atermoiements pénibles avec votre micro, collez-le verticalement sur votre menton. Sans micro, ajustez le niveau sonore de votre voix à celle de votre auditoire le plus éloigné.
  3. Après avoir délivré une information essentielle, marquez un silence pédagogique. Laissez s’écouler cinq secondes, en les comptant mentalement : vous multiplierez l’impact de votre dernier message sur votre audience, à qui vous laissez le temps d’intégrer l’information.