Articles

La communication non verbale a-t-elle un impact sur nos émotions ?

publié le

Lorsque l’on communique, il est essentiel que la posture physique et l’expression orale soient en adéquation avec les mots prononcés.

« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » aimait à dire Victor Hugo. C’est pourquoi, au-delà des mots prononcés, il est essentiel que la posture physique et l’expression orale du communicant soient en parfaite congruence avec ceux-ci. C’est cette cohérence totale entre le mot, la voix et le geste qui confère à l’orateur un véritable pouvoir de conviction, c’est-à-dire la capacité d’accrocher l’attention du public et de l’influencer.

proxy 1 La communication non verbale a t elle un impact sur nos émotions ? articles

Prendre conscience de son langage non verbal

Les premières questions que tout manager devant s’exprimer en public devrait se poser sont : quelle posture dois-je adopter ? Que dois-je faire de mes mains ? Où dois-je diriger mon regard ? Puis-je m’autoriser un sourire ? À quel moment vais-je devoir ménager un silence ? Pourtant la plupart des managers ne se préoccupent jamais de leur langage corporel ou de la modulation de leur voix.

Or, qu’ils le veuillent ou non, leur corps et leur voix sauront se rappeler à eux – transpiration, mains moites, souffle court, diaphragme qui se contracte – lors d’une intervention à fort enjeu, une réunion stratégique, une négociation déstabilisante, un entretien de recrutement, un discours évènementiel. En d’autres termes, c’est lorsqu’ils sont en état de stress et qu’ils devraient n’avoir à se préoccuper que de la maîtrise du fond de leur présentation que leur corps et leur voix, grands exclus de la phase préparatoire, se rappelleront à eux.

Pour réussir ses prises de parole, il est primordial de prendre conscience de la dimension physique de l’épreuve. Bien plus que d’une prestation intellectuelle, c’est d’une prestation physique qu’il s’agit. Plus exactement, c’est de la parfaite harmonie entre l’idée et la façon dont la voix et le corps de l’orateur, entièrement mobilisés, vont l’exprimer que jaillira l’impact de conviction dans l’esprit du récepteur.

Le langage non verbal augmente notre confiance en soi et réduit notre état de stress

Les études menées par les Professeurs Amy Cuddy et Dana Carney, de la Harvard Business School, ont montré que l’adoption d’une posture corporelle d’affirmation de soi chez l’orateur (postures en extension, menton et tête haute, épaules ouvertes, bras ouverts, etc.) durant 120 secondes suffit à créer chez celui-ci une augmentation de 20 % de la testostérone et une diminution de 25 % du cortisol (l’hormone du stress). En somme, l’adoption d’une posture de domination permet à une personne de se sentir plus confiante et moins stressée.

Sachant que le mauvais stress réduit l’efficacité de l’ensemble de nos facultés cognitives, nous comprenons bien en quoi l’adoption de la bonne posture corporelle est cruciale pour l’orateur. Les personnes adoptant un langage non verbal illustrant la force et la confiance en soi réduisent leur état de stress et peuvent ainsi concentrer toute leur attention sur les réactions et les questions du public.

Mais attention à ne pas menacer vos auditeurs

Bien sûr, tout est affaire de mesure. Le fait d’adopter une posture trop en extension peut au contraire être interprété comme un manque d’assurance et de confiance. L’orateur peut donner l’impression qu’il tente de passer en force. Ce type d’attitude risque de générer chez les auditeurs une attitude de fermeture voire de rejet.

L’orateur doit être particulièrement attentif et réceptif aux émotions émises par le public et interagir avec elles de façon à bâtir un solide pont de communication. Amy Cuddy considère qu’il est très important pour les dirigeants et les managers en situation de prise de parole en public de mettre les autres en confiance, par une attitude d’ouverture et d’écoute, plutôt que de mettre en avant leur position hiérarchique et leur autorité. « Nous devons montrer à ceux qui nous écoutent que nous les comprenons », souligne ainsi Amy Cuddy.

Article de Laurent Philibert (Directeur Pédagogique de Personnalité) sur LesEchos (cliquez sur le lien suivant) :  http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-118338-la-communication-non-verbale-a-t-elle-un-impact-sur-nos-emotions-1063457.php?C1YAWCtu6LZ6DaH1.99#xtor=CS1-32