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Comment François l’a mis dans le « Fillon » de la droite

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Depuis une semaine, le « Canard enchaîné » a révélé l’éventuel emploi fictif de Penelope Fillon. Pour le candidat des Républicains, l’heure est à la communication de crise, alors qu’une enquête préliminaire par le parquet financier est ouverte et que les informations concernant les rémunérations de son épouse et ses enfants se succèdent.

Trois personnalités du monde de la communication s’attellent depuis des mois à l’image et à la parole du candidat : Anne Méaux, à la tête de l’agence Image 7, qui a notamment travaillé pour Eric Woerth durant l’affaire Bettencourt, Muriel Reus, ancienne présidente d’Euro RSCG partner corporate puis de Publicis events, et Myriam Lévy, ancienne journaliste puis conseillère communication de François Fillon à Matignon. Mais le trio échoue aujourd’hui à circonscrire la polémique « qui est en train de devenir un accident industriel pour la candidature de François Fillon », estime Arnaud Mercier, professeur en science de l’information et de la communication à l’Université Panthéon-Assas. L’image du prétendant à l’Elysée, qui a bâti sa candidature sur la rigueur et la probité, apparaît en rupture avec celle d’un homme réservant supposément des privilèges aux siens.

Erreurs et confusions (Confillon)

Première erreur de la gestion de la communication du candidat, avec un « confessionnal » mal préparé : comme l’évoque Jacky Isabello, cofondateur de l’agence Coriolink, « l’étape du confessionnal consiste à passer toute la vie du candidat au peigne fin. Elle est indispensable car en campagne il y aura toujours des boules puantes. Mais cette étape a été mal faite car personne ne s’attendait à ces attaques sur cette partie de la vie du candidat », souligne le communicant.

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Après les premières accusations du Canard enchaîné, la réponse du candidat est bonne selon le dirigeant de l’ Agence Release Johann Fourmond. « François Fillon réagit en se rendant le lendemain sur le plateau d’un 20h, qui représente un passage obligé. Il prend la main ». Mais la victimisation et la dénonciation des « boules puantes » -un classique de la communication de crise- sont éclipsées par une erreur du candidat à propos de ces enfants « avocats », alors qu’ils ne l’étaient pas encore. « Stress ou impréparation du candidat ?…. Apporter une réponse rapide ne doit pas virer à la précipitation qui peut être désastreuse », estime le communicant.

« Boîte de Pandore »

Autre erreur : François Fillon ouvre une « boîte de Pandore » durant ce journal télévisé, selon le spécialiste en communication politique Arnaud Mercier. François Fillon indique sur le plateau de TF1 qu’une mise en examen dans ce « Penelopegate » serait un motif de non-candidature à la présidentielle. « Cette déclaration est incroyable de la part d’un candidat, vainqueur de la primaire à droite. Il ouvre une perspective [d’une renonciation] que même ses opposants n’osaient imaginer », continue le professeur à l’Institut français de presse. Et la parole du candidat qui devait clarifier la situation ouvre de nouvelles interrogations. Dimanche en meeting à Paris, François Fillon parle d’« un seul » compte bancaire ouvert avec son épouse au Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe. Une affirmation immédiatement démentie par une élue qui rappelle que le Parlement exige deux comptes bancaires